Je n’ai jamais fait de paralysie du sommeil. Je sais globalement comment elles se ressentent : une pression sur la poitrine, une angoisse, des hallucinations et une incapacité de faire le moindre mouvement, mais mes connaissances s’arrêtent là. Pourtant, c’est un sujet fascinant !
On parle d’un trouble qui touche 20% à 30% de la population, en particulier les jeunes adultes. Et je dois reconnaître une chose un peu étrange : je regrette parfois de ne pas en faire partie. Non pas parce que j’envie la détresse que ces épisodes peuvent provoquer — je sais qu’ils sont souvent éprouvants, parfois même traumatisants — mais parce qu’ils ouvrent une porte sur quelque chose qui nous échappe. Pour une fan d’expérience horrifique comme moi, c’est comme vivre une scène de cinéma ! L’idée d’être dans l’incapacité de bouger, de sentir une présence dans la pièce, de voir des ombres se mouvoir jusqu’au pied de son lit. Avoir le souffle court, la boule au ventre, la sueur froide, le cœur qui s’emballe... Il n’existe plus aucune frontière entre le réel et l’imaginaire !
Je pense d’ailleurs que c’est ça qui rend les paralysies du sommeil impressionnantes et captivantes. Notre propre cerveau est capable de forger et de transposer une conception de l’esprit dans la réalité. C’est comme s’il nous poussait à cette adrénaline pour nous stimuler. Même lorsque ce n’est pas voulu, nous sommes donc capables de créer tout un tas choses ; j’aime à croire que nous avons dans ces moments-là un imaginaire débordant.
Je crois bien que la science apporte des réponses à ce phénomène, mais cela reste des expériences profondément intimes. Ce sont des épreuves de nous avec nous-même. Je dirais même : de nous contre nous-même.
Je sais que certains d’entre vous sont comme moi. Vivre la peur de l’inconnu ! C’est quelque chose de bien rare aujourd’hui. Finalement, c’est comme imaginer que des entités puissent nous observer, voire nous atteindre, c’est rêver qu’un monde à part se cache de nous, se nourrit peut-être même de nous – qu'il existe des maléfices tapis, qui ne cherchent qu’à sortir au grand jour. C’est un terreau pour tout un tas de création et de chimère qui nous font frissonner.
En somme, je pense que les paralysies du sommeil nous montrent que le cerveau n’a pas vraiment besoin de nous – les auteurs – pour raconter des histoires. Mais elles sont aussi des portes qui nous aspirent et nous entrainent aux confins de notre raison.
Et moi, ces portes, je continuerai de les regarder du bout du couloir, sans jamais pouvoir les atteindre, sans jamais pouvoir les franchir. Mais vous savez quoi ? Cela reste tout aussi fascinant d’imaginer ce que l’on pourrait y trouver de l’autre côté.